LA ARMADURA DE DIOS
Una persona francesa, asidua lectora del blog, nos ha hecho llegar la presente colaboración para esta columna en honor a Nuestra Señora. Agradecemos vivamente su contribución.
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LA VIRGEN MARÍA
Y SU PATRONATO EN EUROPA
NOTRE-DAME DE LA GARDE

Notre-Dame de la Garde se trouve à Marseille, dans le sud-est de la France, en bordure de la Mer Méditerranée.
Cette basilique mineure est située sur un piton calcaire de 149 mètres d’altitude surélevé de 13 mètres grâce aux murs et soubassements d’un ancien fort.
Son panorama est exceptionnel : elle est bordée de collines avec une vue d’ensemble sur la ville de Marseille et sur la mer.

Son histoire
En 1214 un prêtre de Marseille, maître Pierre, a l’idée de construire sur la colline de la Garde une chapelle dédiée à la Vierge Marie. Cette colline appartenant à l’abbaye de Saint-Victor, maître Pierre demande à l’abbé l’autorisation d’entreprendre les travaux. L’abbé l’autorise à planter des vignes, à y cultiver un jardin et à y bâtir une chapelle. Quatre ans plus tard cette chapelle est terminée comme nous l’apprend le fait que, dans sa bulle du 18 juin 1218 où il énumère les possessions de l’abbaye, le pape Honorius III cite l’église Notre-Dame de la Garde.
Après la mort de maître Pierre en 1256, Notre-Dame de la Garde est constituée en prieuré. Le prieur du sanctuaire de la Garde est en même temps un des quatre prieurs claustraux de Saint-Victor. Dès la fondation de cette chapelle, des donations, qui nous sont connues par les testaments, sont faites en faveur de l’église Notre-Dame de la Garde. Elles démontrent une dévotion populaire qui va se développer au cours des siècles suivants. En effet, à partir du XVIème siècle, les marins qui avaient échappé à un naufrage avaient coutume d’y faire leurs actions de grâce et de déposer des ex-voto.

Ex votos représentant des bateaux, suspendus à la voûte
Cette première chapelle est remplacée au début du XVe siècle par un bâtiment plus important qui comprend une chapelle richement dotée dédiée à saint Gabriel.
Le 3 janvier 1516, la mère de François Ier, Louise de Savoie, et sa femme la reine Claude, fille de Louis XII, descendent dans le midi de la France pour y retrouver le jeune roi, auréolé de sa victoire à Marignan. Le roi les rejoint et se rendant à la chapelle Notre-Dame de la Garde, constate que la ville de Marseille est mal défendue. Quelques années plus tard, il décide de faire construire un fort au sommet de la Garde qui englobera la chapelle. Il n’y a aucun autre exemple d’une coexistence entre un fort militaire et un sanctuaire ouvert au public.
Ce fort a la forme d’un triangle dont deux côtés mesurent environ 75 mètres, le troisième étant de 35 mètres. De ce fort d’importance assez modeste, subsiste l’éperon royal bien visible à l’ouest de la basilique.

Éperon de l’ancien fort
La basilique, et le fort, au fil de l’histoire, connaîtront les vicissitudes des guerres de religions au XVIème siècle et recevront la visite de rois et de personnages éminents : Louis XIII en 1622, les ducs de Bourgogne et de Berry, petits-fils de Louis XIV en 1702.
Durant la peste qui touche Marseille en 1720, l’évêque Henri de Belsunce se rend par trois fois à pied à la chapelle Notre-Dame de la Garde les 28 septembre 1720, 8 décembre 1720 et 13 août 1721 pour bénir les habitants de la ville.
Puis vient la tempête révolutionnaire :
Le 23 novembre 1793 les édifices religieux sont désaffectés et le culte cesse. Le 13 mars 1794, la statue de la vierge réalisée en 1661 en argent est envoyée, pour y être fondue, à l’hôtel des monnaies de Marseille qui était situé dans l’ancien couvent des pères de la Mercy.
Les objets religieux appartenant au sanctuaire sont vendus aux enchères. La chapelle étant devenue bien national, Joseph Escaramagne, ancien capitaine de navire, la prend en location. Ce personnage avait une profonde dévotion pour la Vierge. Après la reprise du culte dans certaines paroisses, il écrit en septembre 1800 au ministre de la guerre, Lazare Carnot, pour autoriser la réouverture du sanctuaire qui aura finalement lieu le 4 avril 1807.
Escaramagne achète aux enchères une statue de la vierge à l’enfant du XVIIIe siècle qui provenait d’un couvent de religieux de Picpus, couvent parisien détruit pendant la révolution. Il offre cette statue à l’église Notre-Dame de la Garde en remplacement de la statue d’argent volée et fondue par les révolutionnaires. Le sceptre que tenait la vierge est remplacé par un bouquet de fleurs d’où le nom de la statue de « vierge au bouquet ». Pour faire place à la nouvelle statue d’argent réalisée en 1837, cette « vierge au bouquet » sera donnée à la Chartreuse de Montrieux, puis reviendra en 1979 au sanctuaire. Elle est actuellement exposée à l’autel de la crypte.

Vierge au bouquet

Vierge en argent réalisée en 1837
La fréquentation de Notre-Dame de la Garde s’accroît alors régulièrement. Cette augmentation est telle que la chapelle de 150 m2 est agrandie en 1833 par adjonction d’une deuxième nef, ce qui porte la surface totale à 250 m2 environ. L’évêque de Marseille, Mgr Fortuné de Mazenod, bénira cette chapelle agrandie en 1834.
Construction de la basilique actuelle
Le responsable de la chapelle, le père Jean-Antoine Bernard, demande au ministère de la guerre, l’autorisation de reconstruire en plus grand la chapelle existante. Cette autorisation sera accordée le 5 février 1852. C’est l’architecte Esperandieu qui, bien que protestant, supervise les travaux.
La pose de la première pierre par l’évêque de Marseille Mgr Eugène de Mazenod et Bonaventure de Chantérac, alors maire de Marseille, a lieu le 11 septembre 1853. Les travaux commencent mais sont très pénibles à cause des fondations à faire dans une roche très dure, et les difficultés financières apparaissent rapidement. Le chantier est arrêté pendant deux ans, de 1859 à 1861, année de la mort de Mgr Mazenod.
Puis les travaux sont relancés par le nouvel évêque grâce à la générosité de bienfaiteurs de toutes conditions sociales, depuis le plus modeste ouvrier marseillais jusqu’à l’empereur Napoléon III dont l’épouse Eugénie est une fervente catholique.
La consécration du sanctuaire est donnée le samedi 4 juin 1864 par le cardinal Villecourt, membre de la curie romaine, en présence de quarante-trois autres évêques. En 1866, un dallage en mosaïque est posé et le clocher carré est terminé ; le bourdon est installé en octobre de la même année dans ce clocher qui mesure 41 mètres de haut.
En 1867, on construit sur le clocher carré un piédestal cylindrique ou campanile destiné à recevoir la statue monumentale de la Vierge. Le financement de la statue est pris en charge par la ville de Marseille. Les esquisses de la statue faites par trois artistes parisiens, Eugène-Louis Lequesne, Aimé Millet et Charles Gumery sont examinées par un jury. C’est finalement le projet de Lequesne qui est retenu.

Pour des raisons de coût et de poids, le cuivre est utilisé comme matière pour la confection de la statue. Espérandieu la fait exécuter en quatre tronçons en raison des difficultés de son ascension sur la colline et au sommet du clocher. Il insère au centre de la sculpture une flèche en fer, noyau d’un escalier à vis accédant à la tête de la Vierge, pour l’entretien et la contemplation du site. Cette structure métallique, qui sert de support à la statue, permet de consolider l’ensemble en le reliant au gros œuvre de la tour. Les premiers éléments sont montés le 17 mai 1870 et la consécration est faite le 24 septembre 1870, mais sans éclat, la défaite face aux armées prussiennes occupant tous les esprits. Cette statue est dorée à la feuille ; la dorure qui nécessite 500 g d’or a été refaite en 1897, 1936, 1963 et 1989.

Beffroi, campanile et statue de la Vierge à l’enfant
En 1886, des stalles réalisées en noyer sont installées dans le chœur ; les dernières mosaïques des chapelles latérales sont posées de 1887 à 1892. En 1897, on met en place les deux portes de bronze de l’église supérieure et la mosaïque qui les surmonte ; la statue de la vierge est redorée pour la première fois. L’achèvement définitif de la basilique a donc lieu plus de quarante ans après la pose de la première pierre.
L’intérieur de la basilique
La crypte
Le contraste est saisissant entre la sobriété de la crypte et la somptuosité de l’église supérieure. La crypte, de faible hauteur, est peu éclairée et sans décoration tandis que l’église supérieure éclairée par des baies est richement décorée de marbres polychromes et de mosaïques.

Dans le hall d’entrée situé sous le clocher se trouvent deux statues de marbre représentant Mgr de Mazenod et le pape Pie IX, sculptées par Ramus. Dans ce hall, de part et d’autre de l’entrée, deux escaliers conduisent à l’église supérieure.
Entièrement de style roman, la crypte se compose d’une nef voûtée en plein cintre bordée de six chapelles latérales correspondant exactement à celles de l’église supérieure. Le maître autel est en pierre de Golfalina. Derrière cet autel s’élève la statue de la vierge au bouquet. Dans les chapelles latérales sont placées des plaques portant le nom des différents donateurs ayant répondu à l’appel de Mgr Cruice. Les autels latéraux sont consacrés à sainte Philomène, saint André, sainte Rose, saint Henri, saint Louis et saint Benoît Labre qui fut le modèle de Paul Verlaine au temps de sa conversion. Dans les deux chapelles du fond, à droite et à gauche, deux escaliers aboutissent aux sacristies et aux tribunes du chœur et du maître autel de l’église supérieure ; ces escaliers ne sont pas accessibles au public. Chaque chapelle latérale mesure 3,8 m. par 5,4 m.
La nef
Les dimensions intérieures de l’église supérieure sont assez modestes. La nef a une longueur de 32,7 m. et une largeur de 14 m.

À l’intérieur de l’église supérieure c’est le triomphe de la polychromie avec de somptueuses mosaïques et des colonnes et pilastres en marbre aux couleurs alternées rouge et blanc. Les mosaïques des plafonds et des parois dont la surface développée est d’environ 1 200 m2 ont été réalisées de 1886 à 1892 par la société Mora installée à Nîmes. Ces mosaïques constituent un ensemble exceptionnel par la complexité de ses décors réalisés par des architectes ou des peintres de renom et par la qualité des tesselles. Les sols sont revêtus d’environ 380 m2 de mosaïques romaines au dessin géométrique.
Aux quatre angles, aux retombées de la voûte sur les piles sont représentées dans des médaillons, des figures représentant des passages de l’ancien testament évoquant des préfigures de Marie.

L’arche de Noé

L’échelle de Jacob
Le transept
La grande coupole au milieu du transept est décorée d’une mosaïque représentant quatre anges sur fond d’or s’élevant de la terre vers le ciel et soutenant, les bras levés, une couronne de roses qu’ils offrent à la Vierge Marie représentée par son monogramme placé au centre de la composition.

Aux retombées de la coupole, dans les encorbellements, sont représentés les quatre évangélistes : saint Marc symbolisé par le lion, saint Luc par le taureau, saint Jean par l’aigle et saint Mathieu par l’homme.

St Jean
L’arcature du chevet, au-dessus de l’abside, contient une mosaïque représentant l’annonciation faite à Marie : à droite l’ange Gabriel, envoyé par Dieu, dit à Marie « Voici que tu concevras dans ton sein et enfanteras un fils et tu le nommeras Jésus». À gauche la vierge Marie donne son acquiescement.

Le chœur
Le maître autel conçu par Révoil, réalisé par Jules Cantini entre 1882 et 1886, est en marbre blanc avec un soubassement formé de cinq arcatures en bronze doré reposant sur des colonnettes en lapis-lazulis avec un décor de mosaïques. Le tabernacle en vermeil est encadré de deux colonnes et de deux panneaux de mosaïque représentant des colombes buvant dans un calice.
Derrière l’autel se dresse une colonne de marbre rouge supportant un chapiteau d’orfèvrerie sur lequel est posée la statue de la vierge exécutée en argent repoussé au marteau par l’orfèvre marseillais Chanuel.

La mosaïque du cul de four de l’abside représente dans un médaillon central, un navire sur une mer agitée. Sur la voile de ce navire figure le monogramme de la Vierge et, dans le ciel, une étoile avec un A et un M entrelacés (Ave Maria : je vous salue Marie). Ce médaillon est placé au centre d’un somptueux décor représentant des rinceaux de feuillages et trente-deux oiseaux ; on peut remarquer le paon, le perroquet, la huppe, le gorge bleue, le héron, le chardonneret etc. Cette végétation paradisiaque de rinceaux peuplés d’oiseaux merveilleux, et en particulier par des paons, s’inspire d’un thème qui existe dans l’art chrétien depuis ses origines, comme dans le narthex du baptistère du Latran et à la basilique Saint-Vital de Ravenne, et qu’on retrouve au Moyen Âge à la basilique Saint-Clément-du-Latran à Rome et dans le décor de rinceaux de nombreux manuscrits enluminés européens. Ce thème était déjà un des plus classiques dans l’art gréco-romain depuis l’Antiquité. Ici il est réinterprété à la manière du XIXe siècle, avec une vision d’ensemble plus romantique, mais aussi avec des oiseaux plus imposants et d’un naturalisme plus scientifique, ce qui donne aux mosaïstes l’occasion de démontrer leur virtuosité technique.

Sous cette mosaïque sont placés neuf médaillons reliés entre eux par des rinceaux de feuillages figurant les litanies de la Vierge.
Chapelles latérales
Chaque chapelle latérale est consacrée à un saint. On trouve ainsi en entrant et en allant vers le chœur :
- à gauche : saint Charles Borromée, saint Lazare et saint Joseph ;
- à droite : saint Roch, sainte Marie Madeleine et saint Pierre.
Les autels de ces six chapelles sont semblables. Sur le tombeau de chaque autel figure l’écusson du saint titulaire de la chapelle.

Chapelle St Joseph
Conclusion
Notre-Dame de la Garde reçoit chaque année un nombre impressionnant de visiteurs de tous pays.
Les Marseillais en sont très fiers et, dans leur accent chantant du sud de la France, la surnomment affectueusement « la Bonne Mère ».
