LA ARMADURA DE DIOS
Una persona francesa, asidua lectora del blog, nos ha hecho llegar la presente colaboración para esta columna en honor a Nuestra Señora. Agradecemos vivamente su contribución.
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LA VIRGEN MARÍA
Y SU PATRONATO EN EUROPA
LE PUY-EN-VELAY
Le Puy-en-Velay est une petite ville située à l’est du plus grand massif hercynien français, le Massif Central. Son altitude est de 628 mètres.
L’origine du nom puy, vient de la transformation du latin classique podium devenu en latin vulgaire podiu : «hauteur», «petite éminence».
NOTRE-DAME DE FRANCE
Au moment de l’érection de la chaîne alpine, le Massif Central a été violemment secoué, et par les failles est apparu le volcanisme. Dans la dépression du Velay, les laves peu fluides se sont accumulées sur place autour du point de sortie du volcan, formant ainsi des buttes isolées que l’on appelle aussi « suc ». C’est sur une de ces éminences, haute de 132 mètres, le « rocher Corneille » que se trouve la statue de Notre-Dame de France.

Cette statue est une œuvre monumentale en fonte de fer. Construite entre 1856 et 1860, à partir de canons capturés lors du siège de Sébastopol (guerre de Crimée 1854-1855) et sur les plans de Jean-Marie Bonnassieux, elle a été bénie solennellement par l’évêque du lieu, Mgr Auguste de Morlhon le 12 septembre 1860.
Elle a 16 mètres de haut. A l’intérieur, un escalier permet d’accéder jusqu’à la couronne.

La vocation spirituelle du Puy
La vocation spirituelle du Puy s’est affirmée très tôt puisqu’elle a été un siège épiscopal dès le VIème siècle. Le culte s’y est développé aux IXème et Xème siècles, à la suite d’apparitions de la Sainte Vierge rapportées par la tradition orale et les guérisons attestées auprès de la « pierre des fièvres ». Le Puy Sainte Marie devint un important centre de pèlerinages. Le pape Urbain II y vint en 1095 après le concile de Clermont-Ferrand (où il prêcha la première croisade).
St Louis y passa également à son retour de croisade d’Égypte et offrit une Vierge Noire.
Cathédrale Notre-Dame de l’Annonciation

De facture romance, la cathédrale Notre-Dame du Puy se dresse au pied du rocher Corneille. Érigée au XIIe siècle, la cathédrale est insolite du fait de la diversité de ses styles, et témoigne de la richesse passée de l’art romain.
Le clocher a une hauteur de 56 m, c’est une construction indépendante de l’église. De plan carré, il comprend sept étages de même dessin, mais chacun d’eux est marqué par un léger retrait, en sorte que l’édifice fait penser à des cubes superposés.

Par ses coupoles sur pendentifs en enfilade, la cathédrale du Puy-en-Velay est fortement influencée par l’architecture byzantine. Construite à partir de pierres volcaniques de divers coloris, la façade occidentale, faite de pierres polychromes, de parements mosaïqués, d’arcades en plein cintre et de petits frontons, possède un porche à trois arcs auquel on accède, depuis une rue de la ville, par un large et long escalier en pierre de 134 marches.


Si de très belles statues et mosaïques décorent le portail, l’intérieur abrite de superbes fresques dorées.
La couleur sombre des pierres donne à l’intérieur un aspect austère, mais l’on est impressionné par la hauteur des six coupoles, l’abondance des voûtes qui la couronnent et par le soubassement voûté sur lequel elle s’appuie.

Le chœur repose directement sur le rocher, mais pour agrandir la cathédrale aux XIe et XIIe siècles afin d’accueillir les pèlerins toujours plus nombreux, quatre travées supplémentaires ont été audacieusement construites sur le vide ; pour rattraper un dénivelé de 17 m, d’importants piliers soutiennent les hautes arcades.

Cette basilique, construite en plusieurs campagnes, peut être datée du XIe siècle pour l’abside, le carré du transept et les deux dernières travées. Toutefois, l’édifice menaçant ruine au début du XIXe siècle, il fit l’objet, entre 1844 et 1870, dans sa quasi-totalité, d’une démolition suivie d’une reconstruction à l’identique, hormis l’abside et la coupole de croisée, qui furent refaites sous une forme différente.
La Vierge Noire
La statue d’une Vierge Noire a été offerte par le Roi Sant Louis IX au retour de la 7ème croisade. Il est attesté que saint Louis est venu en pèlerinage au Puy-Sainte-Marie (podium Sanctæ Mariæ) en 1254.
Faujas de Saint-Fond a pu l’étudier à loisir, il en laissa, en 1778, une description et Veyrenc en exécuta alors une gravure. Il s’agissait d’une statue en cèdre de 71 cm de haut représentant la Vierge assise sur un trône, l’Enfant Jésus sur les genoux. Si les visages de la Mère et de L’Enfant étaient d’un noir foncé, les mains, en revanche, étaient peintes en blanc.

Pendant la révolution française, en janvier 1794, la Vierge Noire arrachée de son autel fut dépouillée de ses richesses (pierres précieuses, dorures…) et reléguée aux Archives. On se souvint malheureusement d’elle : le 8 juin 1794, jour de la Pentecôte, les représentants du pouvoir révolutionnaire, dont Louis Guyardin, vinrent la chercher pour la brûler place du Martouret. Quand les toiles enduites de couleur eurent fini de se consumer, une petite porte secrète pratiquée dans le dos de la statue s’ouvrit et une sorte de parchemin roulé en boule en sortit ; malgré les protestations, on ne chercha pas à savoir ce qu’il contenait.
La statue du XVIIe siècle qui se trouve actuellement sur le maître-autel provient de l’ancienne chapelle Saint-Maurice du Refuge. Elle fut couronnée sur la place du Breuil par l’évêque du Puy, Monseigneur Auguste de Morlhon, au nom du pape Pie IX, le 8 juin 1856 pour le 62e anniversaire de la destruction de la statue par le feu. L’actuelle Vierge noire est depuis lors montrée aux fidèles dans les rues de la ville du Puy lors des processions mariales, chaque 15 août, avec des solennités plus marquées lors des années de jubilé marial propres au Puy, deux ou trois fois par siècle (récemment en 2005 et 2016).

La Pierre aux Fièvres
La Pierre aux Fièvres est à l’origine de la construction de la cathédrale de Puy-en-Velay et proviendrait d’un dolmen dont elle tenait lieu de table.
L’abbé Chanai nous en raconte l’histoire. Au IIIe siècle, une femme veuve, souffrant de fièvre maligne vint, sur l’ordre de la Vierge, se coucher sur cette dalle et se releva guérie. Saint Georges du Velay, premier évêque du Velay, prévenu de ce miracle, serait alors venu de Saint-Paulien, son siège épiscopal, pour voir cette pierre. Quoiqu’on fût au mois de juillet, il la trouva recouverte d’une épaisse couche de neige, sur laquelle un cerf aurait, en courant, tracé le plan d’un sanctuaire. Ne pouvant édifier l’église immédiatement, le prélat fit entourer ce dessin d’une haie d’épines sèches, qui, le lendemain, fut trouvée toute fleurie.
Le temps passa, puis une autre guérison miraculeuse eut lieu dans des conditions identiques, un paralytique étendu sur la table miraculeuse se releva guéri, et la Vierge renouvela son souhait. L’évêque de l’époque, Vosy, s’en fut alors à Rome pour obtenir du pape l’autorisation de construire une basilique sur ce rocher indiqué par la Vierge, à l’emplacement d’un sanctuaire païen, et de transférer son siège épiscopal sur le mont sacré.
Scutaire, sénateur et architecte romain, aurait été chargé par le Saint Père de la construction. L’église achevée, l’évêque et son adjoint se dirigèrent de nouveau vers Rome afin d’en obtenir la consécration. En chemin, deux vieillards leur conseillèrent de retourner d’où ils venaient, les chargèrent de reliques et disparurent sur ces mots : « Nous vous précédons et vaquerons à tout. » Quand Vosy et Scutaire arrivèrent à Anis (Anicum Vellavorum : ancien nom du Puy en Velay), ils trouvèrent leur église baignée d’une lumière irréelle et les cloches animées par des êtres invisibles. La dédicace de la première église du Puy fut l’œuvre des anges, dit-on ; pour cette raison, elle fut appelée chambre angélique. Telle serait l’origine de ce sanctuaire et la raison pour laquelle cette pierre est exposée sous le porche.
On a retrouvé sous le pavé du chœur les fondations de cette première église qui mesurait 12 m × 24 m. De nos jours encore, des pèlerins s’allongent sur la pierre pour en recevoir les bienfaits.
Le Puy, haut lieu de pèlerinage
Le Puy-en-Velay est, avec Chartres, le plus ancien sanctuaire marial de la chrétienne Gaule (ancien nom de la France).
Le Puy avec sa cathédrale Notre-Dame de l’Annonciation et le sanctuaire St Michel (situé, comme la statue de Notre-Dame de France, sur une éminence volcanique) a toujours été un haut lieu de pèlerinage. Les pèlerins y affluent notamment lors des Grands Jubilés, lorsque le jour de l’Annonciation coïncide avec le Vendredi Saint (ce qui a eu lieu en 2005 et 2016).
La ville a été et est toujours le point de départ du chemin du Puy : la « Via Podiensis » allant vers St Jacques de Compostelle, ouverte par l’évêque du Puy en 950, est l’une des quatre grandes voies décrites dès le XIIème siècle qui conduisent au « Camino Francés » cheminant en Castille en direction du grand sanctuaire espagnol.

