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Importante colección de textos de Monseñor Lefebvre
Florilège de textes de Mgr Lefebvre – par les Dominicains de Avrillé
Florilège de textes de Mgr Lefebvre
Le fondement de notre position
« La vraie opposition fondamentale est le Règne de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Oportet illum regnare, il faut qu’il règne, nous dit saint Paul. Notre-Seigneur est venu pour régner. Eux disent non, et nous, nous disons oui, avec tous les papes. Notre-Seigneur n’est pas venu pour être caché à l’intérieur des maisons sans en sortir. Pourquoi les missionnaires, dont tant se sont fait massacrer ? Pour prêcher que Notre-Seigneur Jésus-Christ est le seul vrai Dieu, pour dire aux païens de se convertir. Alors les païens ont voulu les faire disparaître, mais eux, ils n’ont pas hésité à donner leur vie pour continuer à prêcher Notre-Seigneur Jésus-Christ. Alors, maintenant, il faudrait faire le contraire, dire aux païens : “Votre religion est bonne, conservez-la du moment que vous soyez de bons bouddhistes, de bons musulmans ou de bons païens !” C’est pour cela que nous ne pouvons pas nous entendre avec eux [Rome], car nous obéissons à Notre-Seigneur disant aux apôtres : “Allez enseigner l’Évangile jusqu’aux extrémités de la terre”.
C’est pourquoi il ne faut pas nous étonner que nous n’arrivions pas à nous entendre avec Rome. Ce n’est pas possible tant que Rome ne reviendra pas à la foi dans le règne de Notre-Seigneur Jésus-Christ, tant qu’elle donnera l’impression que toutes les religions sont bonnes. Nous nous heurtons sur un point de la foi catholique, comme se sont heurtés le cardinal Bea et le cardinal Ottaviani, et comme se sont heurtés tous les papes avec le libéralisme. C’est la même chose, le même courant, les mêmes idées et les mêmes divisions à l’intérieur de l’Église [1][1]. »
« Nous devons être indemnes de toute compromission, tant à l’égard des sédévacantistes qu’à l’égard de ceux qui veulent absolument être soumis à l’autorité ecclésiastique.
Nous voulons demeurer attachés à Notre-Seigneur Jésus-Christ. Or Vatican II a découronné Notre-Seigneur. Nous, nous voulons rester fidèles à Notre-Seigneur, Roi, prince et dominateur du monde entier. Nous ne pouvons rien changer à cette ligne de conduite.
Aussi, quand on nous pose la question de savoir quand il y aura un accord avec Rome, ma réponse est simple : quand Rome recouronnera Notre-Seigneur Jésus-Christ. Nous ne pouvons être d’accord avec ceux qui découronnent Notre-Seigneur. Le jour où ils reconnaîtront de nouveau Notre-Seigneur Roi des peuples et des nations, ce n’est pas nous qu’ils auront rejoint, mais l’Église catholique dans laquelle nous demeurons [2][2]. »
Recommandations de Mgr Lefebvre
avant les sacres
Deux semaines avant les sacres du 30 juin 1988, Mgr Lefebvre a invité à Écône les quatre prêtres concernés pour mettre en place les préparatifs de la cérémonie. Au cours des deux ou trois jours qu’ils ont passés au séminaire à ce moment-là, Mgr Lefebvre leur a tenu deux discours privés, dans la petite chambre du séminaire à côté de la sienne, qui est maintenant l’oratoire Saint-Marcel.
A partir de notes prises pendant qu’il parlait avec son habituel calme et sa douceur, on peut reconstituer le texte approximatif de ce qu’il a dit. C’est d’un grand intérêt ; ces paroles révèlent l’état d’esprit dans lequel ce géant de l’histoire de l’Église a posé cet acte qui fut, pour la Tradition catholique, son « passage du Rubicon » et pour Mgr Lefebvre lui-même, comme le couronnement de sa glorieuse carrière au service de Notre-Seigneur Jésus-Christ.
† Mgr Richard Williamson.
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• 12 juin
— Mgr Lefebvre : C’est fini. Plus de pourparlers. Plus on réfléchit, plus on se rend compte que les intentions de Rome ne sont pas bonnes. La preuve : ce qui s’est passé avec Dom Augustin et le père de Blignières [3][3]. Ils veulent tout rallier au Concile, tout en nous laissant un peu de Tradition.
M. de Saventhem [4][4] prétend qu’il y a encore moyen de s’entendre avec Rome.
Mais il ne s’agit pas ici de petites choses. A Rome, ils restent ce qu’ils sont ; on ne peut pas se mettre dans les mains de ces gens-là. Nous ne voulons pas nous laisser manger. C’est une illusion de Dom Gérard [5][5] de penser qu’un accord nous donnerait un immense apostolat. Oui, mais dans un cadre équivoque, ambigu, qui nous pourrirait.
On nous dit : « Vous aurez davantage de vocations si vous êtes avec Rome… » Mais ces vocations, si nous disions quoi que ce soit contre Rome, s’opposeraient et empesteraient nos séminaires. Et les évêques leur diraient : « Alors, venez avec nous ! » Tout doucement, le mélange se ferait.
Les sœurs de Saint-Michel-en-Brenne, les dominicaines de Fanjeaux et de Brignolles sont toutes contre un accord : « Il ne faut pas dépendre de Ratzinger, disent-elles. Imaginez : s’il venait nous faire des conférences !… et nous diviser ! »
Et si quelques-uns nous quittent ? Ce ne serait pas si grave qu’en 1977. Les abbés Blin, Gottlieb et Cie, sont aujourd’hui tous ralliés et dispersés [6][6]. Il faut une deuxième décision contre la Rome néomoderniste (après la première, en 1976). Que voulez-vous faire ?… Est-ce plus grave, cette fois ? Le problème de fond reste le même : Rome veut anéantir la Tradition. Quant aux sédévacantistes, ils sont hargneux contre nous.
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C’est par rapport à l’Église, au service de la Fraternité Saint-Pie X, que je fais ces sacres, comme stipulé dans le protocole du 5 mai. C’est la Fraternité qui est l’interlocuteur valable auprès de Rome. Il appartiendra au Supérieur Général de reprendre contact avec Rome en temps voulu.
Le rôle des évêques consacrés : les ordinations, les confirmations et le maintien de la foi [7][7] à l’occasion des confirmations. Il vous faudra protéger le troupeau.
Ce sera un grand soutien pour la Fraternité. Il faudra une grande entente, sans trop d’initiatives personnelles, par exemple en cas de demandes d’ordinations. N’ordonnez pas des gens seuls. Et examinez bien la communauté d’où viennent les candidats.
Rome veut nous faire virer.
Après le 30 juin, je reste ici ; j’aurai fini, ayant donné à la Fraternité le cadre qu’il lui faut. Au pape, je dis : quand la Tradition reviendra à Rome, il n’y aura plus de problème.
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L’excommunication ? Elle ne vaudrait rien puisqu’ils ne cherchent pas le bien de l’Église. Mais excommunier va les arranger.
Ils sont un peu affolés. Ils cherchent à m’atteindre par tous les moyens : de Saventhem, un évêque tchèque, etc. Ils cherchent à m’empêcher d’agir. Ils ont voulu m’envoyer Mère Thérésa de Calcutta.
Mais ce n’est pas la peine de les recevoir. Il n’y a pas à revenir indéfiniment là-dessus. Il n’y a qu’à lire la lettre de l’abbé C. qui a débauché nos séminaristes en les éloignant de nous : il avoue qu’on les traite de parias, qu’on les oblige à enlever la soutane, qu’on ne les reçoit pas. Il a découvert ce qu’est Rome. « Mater Ecclesiæ » : voilà ce qu’ils veulent faire de nous [8][8] ! Et Ratzinger, au moment de cette affaire, se réjouissait du départ de ces séminaristes. Alors, pourquoi tiendraient-ils aujourd’hui parole avec nous ? Dieu nous a protégés en faisant que l’accord n’aboutisse pas.
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• 13 juin
— Mgr Lefebvre : Soyez remerciés de la part de la Fraternité.
Au fond, Rome ne répond jamais à la question essentielle. Ils nous demandent une déclaration, ils nous obligent à adhérer à un minimum de ce qu’ils pensent, mais jamais il n’est question de leur fond libéral et moderniste. Tandis que moi, je remets constamment sur le tapis leur modernisme.
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[Au sujet de la lettre du 2 juin [9][9] :]
Les colloques, bien que courtois, nous ont convaincus que le moment d’une entente n’est pas encore venu. Il nous faut une protection contre l’esprit d’Assise. Nous n’avons jamais de réponses à nos objections, jamais ! Toutes les bagarres n’ont servi à rien. Nous poursuivons, eux et nous, deux buts différents dans ces colloques. Nous, nous attendons que la Tradition revienne à Rome ; mais eux, jamais ils ne bougent.
La réponse du Saint-Père à ma lettre dit ceci [en substance] : « Soucieux de l’unité, j’ai fait faire ces colloques. Le 5 mai [date de la signature du protocole] permettait à la Fraternité de continuer dans l’Église, selon les 21 conciles, jusqu’à et y compris Vatican II… »
J’ai fait une réponse orale. Aucune réponse de Rome pour le moment.
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Un de nos prêtres de la Fraternité m’a proposé de faire une lettre de pardon.
Mais j’ai répondu que, devant Dieu, c’est nous qui devrions leur demander de prononcer le serment antimoderniste et d’accepter Lamentabili, Quanta Cura. C’est à nous de les questionner sur la foi. Mais ils ne répondent pas. Ils ne font que confirmer leurs erreurs.
Le 12 juin, M. de Saventhem m’a dit : « C’est vous qui porterez la responsabilité. » Je lui ai répondu : « Voyez la lettre de l’abbé C. sur Mater Ecclesiæ. L’abbé écrit : “Je regrette tout”. Il y a également sa lettre de supplication au cardinal Ratzinger. Il a fait plusieurs lettres au cardinal : aucune réponse ! Pendant deux ans, ils se sont moqués de ces jeunes qui sont obligés de s’aligner. »
Garrone, Innocenti, Ratzinger : c’est le même esprit par rapport à nous… Fontgombault, Port-Marly, toujours la même chose : l’évêque local a raison, la Tradition a tort.
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Saventhem dit que ce sont de petits détails !
Mais il y a tout un tas de conséquences, derrière ; ils désirent emmener nos œuvres vers l’esprit conciliaire. Si nous avions accepté, nous serions morts ! Nous n’aurions pas duré un an.
Il aurait fallu vivre en contact avec les conciliaires, tandis qu’actuellement, nous sommes ensemble. Si nous avions dit oui, cela aurait été la division à l’intérieur de la Fraternité ; tout nous aurait divisé.
De nouvelles vocations viendraient parce que nous serions avec Rome, nous dit-on. Mais ces vocations ne supporteraient aucune distance d’avec Rome, aucune critique : ce serait la division ! Actuellement, les vocations se trient d’elles-mêmes.
Voyez : Mgr Decourtray offre à l’abbé Laffargue une paroisse traditionnelle, à condition de quitter la Fraternité… Ils ramassent nos fidèles, ils nous amènent au Concile…
C’est pourquoi, nous sauvons la Fraternité et la Tradition en nous éloignant prudemment. Nous avons fait un essai loyal ; nous nous sommes demandés si nous pouvions continuer cet essai, tout en étant protégés : cela s’est avéré impossible. Ils n’ont pas changé, sinon en pire. Un exemple : les démarches de Mgr Casaroli à Moscou…
Nos fidèles seront fous de joie. Ils diront : « la Tradition continue ». Ce sera « ouf » à 90 %.
Nous n’aurions pas eu l’évêque pour le 15 août. Mgr Schwery a dit à la télévision et à la radio que le Vatican a refusé nos candidats. Si c’était Dom Gérard, l’abbé Pozzetto, l’abbé Laffargue, ils accepteraient ; mais pas nos candidats. Alors, ils auraient remis, remis, indéfiniment…
En tout cela, M. de Saventhem raisonne comme s’il était des leurs.
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Votre rôle, en tant qu’évêques, sera de donner les sacrements et d’assurer la prédication de la foi.
Vous êtes au service de la Fraternité. Rome a traité avec moi à cause de la Fraternité qui est un organe valable. Ayez une très grande union entre vous pour donner de la force à la Tradition. Ce sera au Supérieur Général de prendre les décisions. Attention aux réordinations sous condition : presque tous ceux qui sont dans ce cas nous abandonnent. Il faut plus re-confirmer que ré-ordonner.
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Le même prêtre m’a fait savoir que, dans l’Osservatore Romano, Rome dit qu’il y aura une déclaration d’excommunication.
J’ai répondu encore que consacrer des évêques n’est pas en soi schismatique. L’excommunication ne figurait pas dans l’ancien Code. Ce n’est que depuis Pie XII et la consécration des évêques patriotiques chinois que cela a été déclaré schismatique.
A Rome, ils sont très énervés. Saventhem me donne le numéro de téléfax du cardinal Ratzinger.
Ils ont le Sida spirituel. Ils n’ont plus la grâce, ils n’ont plus de système de défense. Je ne crois pas qu’on puisse dire que Rome n’a pas perdu la foi.
Les désagréments des sanctions diminueront avec le temps. Le petit peuple comprendra, c’est le clergé qui réagira…
Les témoins de la foi, les martyrs, ont toujours à choisir entre la foi et l’autorité. Nous vivons le procès de Jeanne d’Arc ; mais, dans notre cas, cela ne se passe pas d’un seul coup, c’est sur vingt ans.
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Annexe
Rome et la « réconciliation » : la lettre de l’abbé C.
Voici des extraits de la lettre écrite par ce séminariste qui avait quitté Écône pour le séminaire Mater Ecclesiæ à Rome, lettre à laquelle Mgr Lefebvre fait allusion ci-dessus. Établissement voulu par Jean-Paul II, ouvert par lui le 15 octobre 1986 et protégé par une commission cardinalice, Mater Ecclesiæ devait accueillir les séminaristes sortis d’Écône et « ceux de sensibilité analogue ». Ce que décrit cette lettre, n’est-ce pas ce qui est en train de se réaliser pour la Fraternité Saint-Pierre et ceux qui ont suivi la même voie, beaucoup plus lentement, sans doute, et de manière bien plus habile ? En effet, le pape n’a-t-il pas déclaré à ces derniers, à l’occasion de leur récent pèlerinage à Rome pour les dix ans de Mater Dei afflicta, qu’il n’était pas question de revenir sur les acquis de Vatican II et de la réforme liturgique ?
Je regrette ! Oui, j’ai tout, absolument tout à regretter de cette « entreprise » Mater Ecclesiæ. D’abord mon renvoi, pour avoir trop fait de requêtes et avec insistance, en faveur, par exemple, de la plus grande fréquence de la messe de saint Pie V, de l’habit ecclésiastique, de la correction, au Séminaire, des cours de l’université Angelicum, etc…
La réponse à ces requêtes, plusieurs fois réitérées, a été le silence et surtout, l’alignement progressif et aujourd’hui complet de la maison et de chacun des séminaristes. Toute l’entreprise est, à ce jour, la risée des progressistes, évêques français en tête, et des plus traditionnels !
Jour après jour, nous avons vu la situation se dégrader, les séminaristes se « déshabiller », se faire accepter des évêques en renonçant à tout, étant prêts à tout… Ensuite, ce fut le temps des sanctions : tous ceux qui étaient chargés de nous aider, sommés par les autorités de ne plus s’occuper de nous… Désormais, pour celui qui ne voudrait pas avoir affaire aux évêques de France ou d’ailleurs, il n’y a absolument plus de solution… Vagus !
Et le pape n’a rien fait et, sans doute, l’an prochain, la maison Mater Ecclesiae sera fermée, ce qui d’ailleurs sera peut-être aussi bien.
Plusieurs fois j’ai eu l’occasion de redire, soit au cardinal Ratzinger, soit à certains monsignori de Curie que, hélas, on était bien obligé de constater que Mgr Lefebvre avait raison sur la majorité des choses et que je m’étais trompé.
J’ai beaucoup de peine en vous écrivant ces lignes, l’idiotie d’avoir abandonné Écône malgré vos conseils, la lâcheté des autorités (je pèse mes mots) quand il s’agit de Tradition, et leur égale lâcheté quand il s’agit « d’œcuménisme » avec les autres, l’abandon et le reniement de quasi tous ceux qui s’étaient pourtant engagés à ne rien lâcher… Tout, oui, absolument tout me porte à regretter !
(Rome, le 2 juin 1988)
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La lettre de Mgr Lefebvre au pape
+ Écône, le 2 juin 1988
Très Saint Père,
Les colloques et entretiens avec le Cardinal Ratzinger et ses collaborateurs, bien qu’ils aient eu lieu dans une atmosphère de courtoisie et de charité, nous ont convaincus que le moment d’une collaboration franche et efficace n’était pas encore arrivé.
En effet, si tout chrétien est autorisé à demander aux autorités compétentes de l’Église qu’on lui garde la foi de son baptême, que dire des prêtres, des religieux et religieuses ?
C’est pour garder intacte la foi de notre baptême que nous avons dû nous opposer à l’esprit de Vatican II et aux réformes qu’il a inspirées.
Le faux œcuménisme, qui est à l’origine de toutes les innovations du Concile, dans la liturgie, dans les relations nouvelles de l’Église et du monde, dans la conception de l’Église elle-même, conduit l’Église à sa ruine et les catholiques à l’apostasie.
Radicalement opposés à cette destruction de notre foi, et résolus à demeurer dans la doctrine et la discipline traditionnelles de l’Église, spécialement en ce qui concerne la formation sacerdotale et la vie religieuse, nous éprouvons la nécessité absolue d’avoir des autorités ecclésiastiques qui épousent nos préoccupations et nous aident à nous prémunir contre l’esprit de Vatican II et l’esprit d’Assise.
C’est pourquoi nous demandons plusieurs évêques, choisis dans la Tradition, et la majorité des membres dans la Commission Romaine, afin de nous protéger de toute compromission.
Étant donné le refus de considérer nos requêtes, et étant évident que le but de cette réconciliation n’est pas du tout le même pour le Saint-Siège que pour nous, nous croyons préférable d’attendre des temps plus propices au retour de Rome à la Tradition.
C’est pourquoi nous nous donnerons nous-même les moyens de poursuivre l’œuvre que la Providence nous a confiée, assuré par la lettre de Son Eminence le cardinal Ratzinger datée du 30 mai, que la consécration épiscopale n’est pas contraire à la volonté du Saint-Siège, puisqu’elle est accordée pour le 15 août.
Nous continuerons de prier pour que la Rome moderne, infestée de modernisme, redevienne la Rome catholique et retrouve sa Tradition bimillénaire. Alors le problème de la réconciliation n’aura plus de raison d’être et l’Église retrouvera une nouvelle jeunesse.
Daignez agréer, Très Saint Père, l’expression de mes sentiments très respectueux et filialement dévoués en Jésus et Marie.
† Mgr Marcel Lefebvre
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Autres textes de Mgr Lefebvre
« Le Secrétariat pour l’Unité des Chrétiens, par des concessions mutuelles — le dialogue – aboutit à la destruction de la foi catholique, à la destruction du sacerdoce catholique, à l’élimination du pouvoir de Pierre et des évêques. L’esprit missionnaire des apôtres, des martyrs, des saints, est éliminé. Tant que ce Secrétariat gardera le faux œcuménisme comme orientation, et que les autorités romaines et ecclésiastiques l’approuveront, on peut affirmer qu’elles demeurent en rupture ouverte et officielle avec tout le passé de l’Église et avec son Magistère officiel. C’est donc un devoir strict pour tout prêtre voulant demeurer catholique, de se séparer de cette Église conciliaire tant qu’elle ne retrouvera pas la Tradition du Magistère de l’Église et de la foi catholique. »
Mgr Lefebvre, Itinéraire Spirituel, Chapitre 3.
« Rome a perdu la foi, mes chers amis. Rome est dans l’apostasie.
Ce ne sont pas des paroles, des mots en l’air que je vous dis. C’est la vérité.
Rome est dans l’apostasie.
On ne peut plus avoir confiance dans ce monde-là. Il a quitté l’Église, ils ont quitté l’Église, ils quittent l’Église. C’est sûr, sûr, sûr, sûr.
Je l’ai résumé au cardinal Ratzinger en quelques mots. Je lui ai dit :
“Éminence, même si vous nous accordez un évêque,
même si vous nous accordez une certaine autonomie par rapport aux évêques,
même si vous nous accordez toute la liturgie de 1962,
si vous nous accordez de continuer les séminaires et la Fraternité comme nous le faisons actuellement,
nous ne pourrons pas collaborer, c’est impossible ;
parce que nous travaillons dans des directions diamétralement opposées :
vous, vous travaillez à la déchristianisation de la société, de la personne humaine, de l’Église,
nous, nous travaillons à la christianisation.
On ne peut pas s’entendre”. […]
Vous venez de ma dire que la société ne peut être chrétienne. »
Mgr Lefebvre, Conférence aux prêtres à Écône pour la retraite sacerdotale.
01. 09. 1987.
« Je vous conférerai cette grâce [de l’épiscopat], confiant que sans tarder le Siège de Pierre sera occupé par un successeur de Pierre parfaitement catholique entre les mains duquel vous pourrez déposer la grâce de votre épiscopat pour qu’il la confirme. »
Mgr Lefebvre, Lettre aux quatre futurs évêques, 28 août 1987.
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[10][1] — Conférence à Sierre (Suisse), le 27 novembre 1988, extrait de Fideliter 89 (sept. 1992), p. 12.
[11][2] — Conférence à Flavigny, décembre 1988, extrait de Fideliter 68 (mars 1989), p. 16.
[12][3] — Le monastère bénédictin de Dom Augustin a, petit à petit, rallié la nouvelle messe à la fin des années 1980 ; la fondation de tertiaires dominicains du père de Blignières est passée du sédévacantisme au ralliement à Rome et à la liberté religieuse. (NDLR.)
[13][4] — A l’époque, président de Una Voce international. (NDLR.)
[14][5] — A l’époque, prieur du monastère Sainte-Madeleine du Barroux et qui a choisi de se rallier aux propositions de Rome en 1988. (NDLR.)
[15][6] — Mgr Lefebvre fait allusion aux prêtres qui l’avaient quitté en 1977 ; ils ont été récupérés par les diocèses et disent aujourd’hui la nouvelle messe. (NDLR.)
[16][7] — Souligné dans les notes originales. (NDLR.)
[17][8] — Mgr Lefebvre fait allusion à une entreprise de récupération orchestrée par Rome (et le cardinal Ratzinger) en 1986-1987 : un séminaire de « sensibilité traditionnelle », portant le nom de Mater Ecclesiæ, avait été ouvert à Rome pour récupérer des transfuges d’Écône. Le séminariste qui avait servi d’instrument à cette entreprise écrivit à Écône, peu de temps avant les sacres de 1988, pour avouer qu’il avait été trompé par les autorités romaines. Voir cette lettre en annexe. (NDLR.)
[18][9] — Il s’agit de la lettre par laquelle Mgr Lefebvre signifiait au pape qu’en conscience, il ne pouvait prolonger les colloques étant donné la déloyauté de Rome et parce que le but de la réconciliation envisagée « n’est pas du tout le même pour le Saint-Siège et pour nous ». Voir cette lettre en annexe. (NDLR.)
